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J’utilise des produits anti-limaces, sont-ils nocifs pour les animaux?

Afin de protéger son potager des limaces, l’utilisation de molluscicides est monnaie courante. Ces produits très toxiques sont malheureusement consommés par d’autres espèces et continuent d’être actives même une fois ingérées par la limace. Ils empoisonnent donc directement ou indirectement des espèces protégées (hérissons, merles, grives, rapaces, pies-grièches, grenouilles, crapauds, orvets, divers insectes…).

Le poison affaiblit l’animal et le rend incapable de lutter contre les maladies et les parasites. Étant une des espèces les plus friandes de limaces (même la consommation de cadavres ne les rebute pas), il n’est pas étonnant que les hérissons présentant ces symptômes soient fréquemment apportés au centre de sauvegarde. Comme il n’existe malheureusement pas d’antidote efficace, l’issue est généralement fatale.

Certaines substances toxiques sont susceptibles de s’accumuler dans les réserves de graisse que l’animal constitue à l’automne. Au cours de l’hibernation, les graisses sont mobilisées et les pesticides libérés dans les organismes, entraînant des troubles physiologiques graves, voire la mort. On peut donc imaginer que la mortalité des hérissons au cours de l’hiver est plus élevée dans les secteurs où les molluscicides sont utilisés.

L’utilisation de ces produits déclenche un cercle vicieux : la destruction des limaces entraîne une diminution du nombre de ses prédateurs (par l’empoisonnement ou la diminution de la quantité de proies disponibles), ce qui favorise l’augmentation des proies. Leur multiplication intempestive est notamment le signe d’un déséquilibre dû à la disparition de leurs prédateurs.

Le GORNA souhaite donc remonter à la source du problème pour informer les utilisateurs de ces produits de l’existence de méthodes de substitution efficaces et écologiques pour lutter contre les limaces. En cumulant plusieurs de ces solutions simples et peu onéreuses, la protection de votre potager en sera tout aussi efficace:

  • Les limaces n’apprécient guère de se déplacer sur des surfaces rugueuses qui déshydratent la pellicule de mucus sur laquelle elles se déplacent. Il suffit donc de placer autour des plantes que l’on souhaite protéger de la cendre, de la sciure de bois, des coquilles d’œufs, des graviers fins…
  • Les paillis de feuilles de chênes ou d’aiguilles de pin sont des répulsifs
  • On peut installer un bac peu profond rempli à mi-hauteur de bière. Le lendemain, les limaces y seront noyées. Éviter d’utiliser ce dispositif trop longtemps, car il piège d’autres insectes qui protègent le potager.
  • Créer des abris pour les prédateurs des limaces : hérissons (amas de branches), carabes et staphylins (feuilles mortes, tas de bois, pierrier…).
  • Ramasser régulièrement les limaces le soir ou le matin
  • Ne labourer qu’en hiver, afin de disperser les œufs et les limaces, car le labour d’automne les aide à s’enterrer
  • Ne pas détruire tous les mollusques afin de conserver la présence des prédateur

Certains fabricants proposent des granulés d’origine naturelle à base de phosphate ferrique. Toutefois ces produits, utilisables en agriculture biologique, nécessitent un strict respect des conseils d’utilisation et de la dose homologuée. Rappelons que ces produits ne sont pas sélectifs et détruisent également les escargots.